Du sable à perte de vue, du soleil et des espoirs abandonnés.
Au milieu du Sahara se dresse le camp de M'berra, l'un des plus grands camps de réfugiés au monde. Là où le déracinement et l'hostilité caractérisent le quotidien, une scène musicale vivante voit le jour, qui transcende les frontières culturelles et redonne leur dignité aux hommes.
Quand Alhassane a pris une guitare pour la première fois, il était encore un petit garçon à Tombouctou. Sa mère chantait de vieilles chansons touaregs et jouait de l'imzad, un violon à une corde que seules les femmes jouent. Pour lui, la musique n'était pas seulement une tradition, mais aussi un sentiment de sécurité et d'appartenance. Mais lorsque la guerre au Mali s'est intensifiée, que des groupes armés sont arrivés et ont semé la terreur dans les villes, sa famille a dû fuir. La musique a été interdite par les islamistes.
Ils ont marché pendant des jours dans le désert jusqu'à atteindre le camp de M'berra en Mauritanie. Le camp de M'berra, construit à la hâte, ne devait être qu'un refuge temporaire, un endroit perdu au milieu de nulle part, créé pour disparaître rapidement.
Mais les gens sont restés, et le camp provisoire s'est transformé en une ville animée.